Rouge, accessoire vestimentaire, à mettre en relation avec une épreuve
Au bord de l’étang, les canards cancanent joyeusement autour des marmots de Cindy. Les mioches les plus courageux tendent des bouts de vieux pain et s’amusent du pincement des becs faussement affamés. C’est une belle journée d’automne et l’école au complet est en classes vertes. La directrice Ameline les accompagne. Un peu à l’écart du charivari, assise à l’ombre d’un saule, Mademoiselle Cindy caresse son ventre rebondi à la recherche de petits coups de pieds…
L’accouchement est imminent. La valise qui l’accompagnera à la maternité est dans le coffre de la voiture depuis plusieurs jours. Léo a prévenu son employeur qu’il risquait de devoir s’absenter dans les jours ou dans les heures qui viennent…
La remplaçante a été trouvée et est impatiente de reprendre les rênes de la classe ! Cette collègue intérimaire est rigoureusement briffée. Cindy ne veut pas voir sa manière d’éduquer ses petits remise en cause par quelqu’un qui ne sera là que pour un temps relativement bref. En effet Cindy a clairement fait savoir à sa directrice qu’elle espérait pouvoir reprendre sa place le plus rapidement possible après la naissance de son bébé. Elle ne veut pas perdre l’année scolaire dans sa totalité...
*
- Cindy, que se passe-t-il ? Ça ne va pas ?
- Je perds les eaux, Ameline. Il faut alerter Léo !
- Les collègues s’en chargeront ! Moi, je te ramène avec ma voiture à la mairie pendant que l’ambulance arrive de Troyes. Le médecin de la municipalité nous attendra dans la salle de réunion des profs…
- Ma valise !
- Plus tard !
*
L’accouchement se déclenche plus rapidement que prévu. Cindy est couchée sur son manteau posé au milieu de la grande table. Ameline et une infirmière volante ont dénudé le bas de son corps et suivent les instructions du médecin qui rappelle fébrilement les ambulanciers qui tardent... Pendant ce temps une secrétaire se précipite chez elle pour ramener couvertures, draps et serviettes de toilette. Une autre employée rassemble toutes les bouilloires électriques qu’elle peut dénicher dans les locaux du bâtiment. Le père de Cindy, secrétaire de mairie, a bien sûr quitté son bureau et assiste, inquiet, au tourbillon. Désemparé, il ne peut s’empêcher de jouer les mouches du coche.
- Ma pauvre fille, pour ton premier accouchement tu es servie ! Et Léo ? Quelqu’un a songé à l’informer de ce qui arrive ?
Inutile de préciser que cette précipitation ameute rapidement la petite municipalité de Bouranton. Certains administrés se ruent même vers la mairie et s’agglutinent aux grilles du préau. Que peuvent-ils espérer voir ?
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- Cindy, c’est pour bientôt ? Il me semble que cette naissance se fait attendre…
- Oui, mon fils tarde à paraître. Il peut arriver d’un moment à l’autre...
Léo et Christelle, tout à leur conversation, n’entendent pas la sonnerie insistante du téléphone qui est oublié dans une poche de la veste de Léo posée sur un des fauteuils du salon de Christelle...
*
La délivrance s’est finalement déroulée sans grand incident. La maman et l’enfant se portent bien. L’ambulance est arrivée juste à temps pour relayer tous ceux qui étaient autour de la parturiente réconfortée également par la présence de sa mère qui avait immédiatement été alertée par son mari.
Les employés de la municipalité rassemblent les draps et les serviettes salis. Ils emballent également le manteau taché de sang de Cindy.
C’est à ce moment qu’apparaît échevelé Léo, accompagné de Christelle, qui se perd en excuses. Ils précèdent de quelques minutes l’apparition de Noah, le parrain. Tous trois s’extasient devant le nouveau né et congratule la nouvelle maman. Celle-ci, toute à sa joie, ne songe pas à rabrouer son compagnon pour son absence, ce que ne manquent pas de faire ses parents...
Les ambulanciers glissent Cindy dans leur véhicule. Un urgentiste porte le bébé qui hurle à qui mieux mieux et semble n’avoir aucune séquelle de cette aventure.
- Et comment allez-vous appeler ce petit trésor ?
- On avait pensé Noah…
- Vu les circonstances, vous devriez le prénomer « Palissandre » pour qu’il se souvienne de la table qui l’a vu naître !
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701 mots
Salut Michel,
RépondreSupprimerUne dernière phrase pleine d'humour pour clôturer (?) une histoire joliment banale, avec des personnages bien concrets, vivants, aux qualités et petites lâchetés si humaine.
J'ai eu beaucoup de plaisir, semaine après semaines, à voir se développer ce récit tout en nuances et inscrit, ne fois de plus, dans ta Bretagne natale.
Je sais que tu as bien tenu compte des remarques qui t'ont été faites tout au long de cet atelier, aussi j'attends avec impatience de pouvoir relire ta continuité.
Amicalement,
Jan.
qualités humaineS...
RépondreSupprimerBonjour Michel. Et bien, quel accouchement. En temps normal, c'est déjà un événement mais là, c'est le souvenir de toute une vie! En tous cas, pour Cindy! La non participation publique et l'arrivée "publique" du couple Léo-Christelle vont-elles entachées la vie de Cindy et de Leo? Toi seul le sais ou tu nous laisses la possibilité d'imaginer la vie future de tes trois personnages.
RépondreSupprimerMerci pour ta jolie histoire en tous cas.
Pour les remarques: il y a deux choses qui ne sont pas claires pour moi.
Dans le texte 3, au moment de la galette, tu parles d'éviter la prépondérance des hommes en apportant deux galettes. Or, pour moi, il n'y a pas de prépondérance, puisque le tirage se fait au hasard.
De plus, tu parles d'abord de cet épisode (mois de janvier) pour ensuite revenir au dernier jour de la classe avant Noël (décembre)
Au niveau compréhension, je ne comprends pas bien l'image, après deux couronnes de soleil: tu parles des galettes ou des jours?
Dans le texte 5, je me demande si tu as fait exprès d'écrire "Christelle, ma chérie" pour souligner l'ambiguité de l'amitié. Si non, je ne pense pas que cela se dise entre "rien qu'amis"
Bien amicalement
Dans l'attente de lire ta nouvelle au complet
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerVoilà une finale bouleversée et bouleversante. On se demande comment cet accouchement non pas à domicile mais en mairie va se dérouler. Fort heureusement tout se passe pour le mieux.
Le prénom Palissandre n'existe pas mais l'enfant pourrait s'appeler Lissandre (une version abrégée de la table qui l'a vu naitre).
En ce qui concerne la cohérence du récit, voici trois suggestions :
- Au sujet de l'accident de Christelle, tu n'en donnes pas la cause. Mais le troisième chapitre suggère qu'il pourrait être dû à la boisson. Ce serait bien d'expliciter pourquoi (peut-être Christelle amoureuse de Léo mais meilleure amie de Cindy a essayé le jour de l'accident de ne plus penser à ce dilemme en buvant plus que de raison).
- À la fin du chapitre 4, nous voyons Léo remettre ses clés et emménager chez Cindy. Or dans le chapitre 5 Christelle incite Léo à emménager chez Cindy. Il faudrait, je pense, préciser que cette discussion est antérieure à ce qui précède et suit.
- Dans le dernier chapitre tu dis que Léo a prévenu son employeur qu'il risquait de devoir s'absenter. Or nous savons qu'il travaille majoritairement à domicile, n'aurait-il pas mieux valu dire qu'il risquait de n'être pas disponible ?
Merci pour cette belle histoire tout en délicatesse.
Amitiés,
José
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerJ'
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerJe ne sais pas pourquoi mon commentaire voulait passer sous le nom de Patrick. Je recommence donc comme Anonyme et je signerai.
J'ai suivi avec plaisir le parcours de Cindy dans sa vie sociale, professionnelle et amoureuse. C'est surtout ce dernier aspect qui me semble tendre le fil de ton histoire, et je pense que, une fois les chapitres reclassés chronologiquement, nous assistons avec cette naissance à un happy end. Et ça fait toujours du bien. Mais tu as encore un dernier texte à écrire, ce sera sans doute alors un nouveau soubresaut, avant ou après la naissance du bébé, dans l'équilibre du couple Cindy-Léo qui se cherche encore. S'il se place avant, il semble que le bébé va rabibocher ses parents. S'il se place après, tu es parti pour une fin ouverte. Ce sera alors le suspense jusqu'au bout.
Marie-Claire
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerAccouchement à la mairie cela ne s'oublie pas. Dommage Leon est arrivé en retard. Avec un accouchement imminent il devait normalement avoir son tél à portée de main 24h/24. Je comprends les excuses de Christelle c'est elle qui les fait et pas Leon. Quoiqu'il en soit Cindy a été bien soutenue et reste fidèle à ses engagements jusqu'au bout. Félicitations à Leon et Cindy pour cet heureux évènement.
Merci.
Nadera
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerTu termines par une scène qui regroupe tous les personnages dans un joyeux tohu-bohu. La naissance décalée qui se passe bien dans un environnement incongru est un sympathique happy end.
Pour ce qui est de la mise au point finale, outre une relecture attentive qui fasse la chasse aux petites incohérences relevées par tes lecteurs attentifs et tienne compte, comme tu en as l’habitude, des remarques et suggestions, je te conseille, si tu en as le courage, de réécrire le prologue pour en faire une scène vivante qui nous montre Cindy en action. Si tu n’en as vraiment pas envie il vaudrait mieux alors le supprimer, mais ce serait dommage.
Je te conseille aussi de revoir le chapitre 1 en tenant compte des conseils que je t’ai donnés dans le commentaire, notamment en ce qui concerne l’accident de Christelle.
Enfin, il reste une porte qui n’a pas été refermée. Qu’est devenu le cauri ? Il serait bon que tu répondes à la question peut-être dans le chapitre 5 par exemple. Cindy pourrait le trouver sur son bureau et les enfants lui diraient que c’est un cadeau pour le bébé. On comprendrait que les enfants l’avaient chapardé.
Je sais, je t’en demande beaucoup, mais ta nouvelle en vaut vraiment la peine. Heureusement, contrairement à ce que suggère Marie-Claire, rien ne t’oblige à écrire encore un chapitre, mais, bien évidemment, rien ne t’en empêche non plus !
Bon travail,
Liliane