Blanc outil ou pièce de vaisselle relation avec une épreuve
La récréation vient de commencer dans la cour du bâtiment de la mairie qui abrite la petite école. Habituellement à ce moment, Cindy surveille les ébats des petiots mais cette fois, elle est convoquée chez sa directrice, Ameline.
Inquiète, elle se rend à l’étage où se trouve le bureau directorial, non sans avoir interrogé du regard ses deux collègues qui se contentent de hausser les épaules...
- Cindy, je t’ai appelée, tu devines pourquoi !
- Pas vraiment. Ma grossesse peut-être ?
- Tout se passe bien ? Je suppose que tu vas rester en classe le plus tard possible mais je dois savoir quand tu comptes accoucher. Je dois m’y prendre maintenant pour te trouver une remplaçante…
- Oh Ameline ! Il est trop tôt pour le savoir précisément. Nous ignorons encore nous-même la date exacte mais ce sera probablement à la rentrée prochaine…
- Donc tu devras être remplacée pendant tout le premier trimestre prochain au moins. Évidemment, il me sera plus aisé de trouver quelqu’un pour l’année complète que pour quelques semaines...
- Je vais donc perdre l’année complète, si je comprends bien ?
- Tu auras de toute façon de quoi t’occuper, tu vas pouponner...
*
- Christelle ma chérie, je ne comprends plus Cindy. Tantôt elle me paraît distante, me rabroue même, parfois au contraire elle s’accroche à moi comme si elle était en perdition… Il m’arrive aussi d’avoir l’impression qu’elle est jalouse de toi !
- Léo, tu dois savoir qu’une femme enceinte voit son univers bouleversé sans parler des troubles physiques qu’elle subit. C’est donc normal qu’elle ait des sautes d’humeur. Quant à sa prétendue jalousie, elle est normale à cause de son état, elle se sent sans doute reléguée en dehors de notre trio du samedi après-midi. De plus ta réticence à loger chez elle ne l’a pas rassurée…
- J’avais peur d’être phagocyté par notre relation et j’appréciais qu’elle ne soit pas liée par des considérations traditionnelles.
Une fois de plus Léo cherche une consolation à son désarrois chez leur amie.
- Léo, peut-être que tu ferais bien d’emménager chez elle... Cela renforcerait votre couple et démontrerait à Cindy que vous faites cet enfant vraiment ensembles.
- Oui, je pense qu’elle en serait heureuse…
Cindy est malgré tout convaincue que Léo n’éprouve pas d’autre sentiment qu’amical pour leur amie de longue date.
*
Cindy et Léo cohabitent à présent et se promènent dans les rues de Troyes à la recherche de ce dont leur futur bébé aura besoin. Puisqu’ils ne sont pas mariés et ne l’envisagent d’ailleurs pas, ils ont décidé symboliquement que l’enfant, lui, ne portera que du blanc du moins dans un premier temps, et qu’un voile immaculé de mariée couvrira son berceau !
*
- Mademoiselle Cindy, ma maman a dit que la cigogne allait bientôt passer chez vous...
- Ma mère a dit que les choux allaient offrir une surprise dans les semaines qui viennent…
- La mienne que c’était une rose qui l’apportera !
- Mes loulous, mes petits chéris, oui bientôt, je vais être moi aussi une maman. Un petit bébé est en train de grandir dans mon ventre. Je ne sais pas si ce sera un petit garçon ou une petite fille, nous n’avons pas voulu le savoir…
- Qu’est-ce que vous préférez ? S’exclament plusieurs bambins.
- Je n’ai pas de préférence, garçon ou fille peu importe ! Mon cœur ne fait pas de distinction. Bien sûr, il y a des différences physiques entre vous mais chacun de vous est unique et également précieux. Ce sont ces particularités, ces originalités qui font notre richesse, notre humanité.
*
- Noiraud ! Qu’est-ce que tu as fait ?
Au cours de sa course nocturne quotidienne dans l’appartement, le chat a glissé sur la table fraîchement cirée et a entraîné dans sa chute un plateau à tarte en cristal hérité de la grand-mère de Léo ! Passé un bref moment de colère mêlé de tristesse, Léo ne peut que sourire à la réflexion de Cindy :
- Dommage que ce soit arrivé en pleine nuit, en s’écrasant sur les tomettes, le cristal a dû joliment tinter !
*
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Bonjour Michel,
RépondreSupprimerLa relation entre Léo et Christelle s'explique enfin et se termine bien pour le couple de Cindy !
On sent que cette dernière ne se laisse pas facilement rouler dans la farine. La preuve ? Elle conteste la décision de sa directrice de la mettre sur la touche pendant toute l'année scolaire !
Merci pour l'allusion à la différence entre les gens et ce que Cindy en pense !
Et si le jeune couple, trop heureux, se trouvait soudain face au drame d'une fausse couche ? Résisterait-il ? Si oui ou non, comment ?
Je trouve qu'au fil de tes textes, il y a une réelle évolution. Tu t'éloignes du côté "gentil, rose, caricaturalement romantique" pour plus de réalisme ! Bravo !
Amicalement,
Jan.
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerDécidément Léo me semble être une personne peu mature/ Il doit s'en référer à Christelle pour analyser sa situation. Cette dernière semble l'assurer mieux que ne peut le faire Cindy.
Et si en fin de compte c'était avec Christelle que Léo devrait vivre ? S'il se rendant compte tout à coup que c'est elle qui donne sens à sa vie ? Si pour le bien de l'enfant à naître ils formaient un trouple (un couple à 3), situation pas conventionnelle, j'en conviens. Mais Cindy serait-elle capable de s'épanouir dans ce contexte ?
Je suis curieux de lire la suite du récit.
José
Bonjour Michel.
RépondreSupprimerLa relation de Michel et de Christelle s´est enfin éclaircie : c´est une vraie amie qui en plus, voit bien clair dans le couple que forme Leo avec Cindy. Elle est en plus de très bon conseil.
Et si, en fin de compte, Cindy décidait d´avorter pour garder son travail? Garderait-elle son travail? Comment evoluerait le couple que Leo voudrait plutôt hors des sentiers battus? Probablement, une bien autre histoire..
Au plaisir de te lire
Danièle
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerNoireau qui casse le plat en cristal en pleine nuit est-ce un signe?
Il me semble que Leo tient plus à Christelle pour son équilibre qu'à Cindy?
Et si en fin de compte c'est Cindy qui change d'avis et qui demande à Leo de partir car depuis qu'il est là il y'a trop de casse . Entre Noireau qui casse tout et Leo elle choisi de garder Noireau! Et là plus de casse. Oui c'est peut-être un peu tordu je l'avoue.
Bon dimanche.
Nadera
Bonjour Michel,
RépondreSupprimerUn texte en plusieurs parties qui semble mettre pas mal de choses en place. Les dialogues sont vivants et sonnent juste, notamment les interventions des bambins avec toutes les versions concernant la naissance.
Ce qui est le plus intéressant dans ta nouvelle, c’est qu’on n’est jamais sûr de rien. Les réactions de tes lecteurs le disent assez. Je suis tout à fait d’accord avec José en ce qui concerne l’immaturité de Léo et avec l’ensemble de tes lecteurs à propos de l’ambiguïté de ses sentiments. Je pense notamment à :
« Christelle ma chérie, » « ma chérie » me semble franchement équivoque pour une simple amitié.
Il ne te reste qu’un texte pour tirer vraiment au clair les sentiments de tes trois personnages et fixer la situation à venir. Tout est possible, c’est à toi de décider. Tu pourrais même choisir une fin ouverte, mais c’est très délicat parce que cela risque de laisser croire que tu n’as pas su choisir. En l’occurrence ce ne pourrait être que montrer que Léo fait un choix dont lui n’est pas sûr.
Quelques remarques précises.
« Oh Ameline ! Il est trop tôt pour le savoir précisément. Nous ignorons encore nous-même la date exacte mais ce sera probablement à la rentrée prochaine…
A quelques jours près elle doit connaître la date de l’accouchement, donc « Ce sera pour la rentrée prochaine suffirait » largement.
« Une fois de plus Léo cherche une consolation à son désarroi chez leur amie. »
Cette phrase devrait remonter en tête du dialogue qu’elle amorce.
« Je n’ai pas de préférence, garçon ou fille peu importe ! Mon cœur ne fait pas de distinction. Bien sûr, il y a des différences physiques entre vous mais chacun de vous est unique et également précieux. Ce sont ces particularités, ces originalités qui font notre richesse, notre humanité. »
Le passage est un peu trop explicatif et rompt le rythme du dialogue. Je te conseille de l’interrompre par une remarque enfantine, genre :
- Je n’ai pas de préférence, garçon ou fille peu importe ! Mon cœur ne fait pas de distinction.
- Mais Mademoiselle, un garçon et une fille, c’est pas la même chose !
- -Bien sûr, il y a des différences physiques entre vous mais chacun de vous est unique et également précieux. Ce sont ces particularités, ces originalités qui font notre richesse, notre humanité.
Au centre de ton prochain texte, sur le signe du rouge, on trouvera un accessoire vestimentaire – gant, chaussure, écharpe… - qui sera mettre en relation avec une épreuve.
Bon travail,
Liliane