mardi 27 janvier 2026

Texte 3

 

Jaune, photo liée à un souvenir



- Les enfants ! J’ai une surprise pour vous ! J’ai apporté deux galettes car aujourd’hui c’est la fête des Rois ! Une pour les filles et une pour les garçons, comme cela il n’y aura pas de prépondérance des hommes. Il y aura donc un roi qui choisira sa reine et une reine qui choisira son roi. Vous voyez que j’ai disposé les tables en rond, comme ça vous pourrez vous faire face et voir ceux qui vont tirer les fèves et devenir rois et reines pour la journée...

Après deux couronnes de soleil et quelques heures joyeuses et insouciantes, déjà la première semaine de Cindy à la tête de son nouveau petit royaume se termine…



- Encore des fleurs ? Léo ! Je ne sais plus où les mettre ! Je n’ai même plus de vase disponible…

- Mon amour, la sœur de mon meilleur ami, mérite bien ce petit témoignage de ma folle affection !

- Chaque fois que je rentre, j’ai l’impression d’entrer dans un magasin de fleurs…

- Tu en es la plus belle !

- … et leur parfum ne m’enivre plus mais commence plutôt à me saouler, excuse-moi !

Léo est quelque peu désarçonné par la réaction de Cindy et, penaud, n’ose la prendre dans ses bras…

- Embrasse-moi, idiot ! Je t’aime et ta seule présence me suffit amplement !

- Bonjour les amoureux ! Je vois que tout va toujours très bien entre vous.

Christelle pointe le bout de son nez. C’est la première fois qu’elle les retrouve chez eux, après une demi-année d’immobilisation hospitalière à la suite de sa sortie de route. Profitant d’une après-midi radieuse, elle s’est décidée à étrenner sa nouvelle voiture en venant jusqu’à Bouranton.

Cindy et Léo, au comble de la surprise, ne peuvent masquer leur bonheur de cette visite même si leurs rapports ne se sont jamais distendus.

Au cours de la soirée, le trio d’amis s’est plongé dans leurs souvenirs communs en consultant des albums de photos de leur jeunesse…

- Oh Cindy, regarde, c’est ton frère et moi lors d’un camp de scouts ! Qu’est-ce qu’on était tapés…

- Comme nous tous avec quelques kilos de moins !

- Je trouve, moi, qu’on n’a pas tellement forcis, simplement les cheveux un peu plus courts…

- C’était une belle époque…

- Pour ma part, dit Cindy, je ne suis pas nostalgique…

- J’ai vu çà avec ton doudou ! Ajoute un Léo hilare qui, le vin blanc aidant, est un peu pompette.

Christelle qui a fait preuve d’une nouvelle sobriété, termine son verre d’eau et annonce qu’elle veut profiter des dernières lueurs du jour pour rentrer à Troyes.



Leur amie partie, Cindy et Léo terminent gentiment la bouteille de Muscadet, tendrement enlacés sur le canapé.

- Léo, la prochaine fois ne vient plus avec des fleurs ! Viens plutôt avec ta valise…

- Que dis-tu ? Tu souhaites que je m’installe à demeure chez toi ?

- Comme ça tu verras ce que c’est de vivre parmi cette végétation ! Dit Cindy en riant.



Les premières neiges sont tombées. Le premier trimestre scolaire s’achève et la petite classe de Cindy consacre le dernier jour d’école à bricoler des garnitures pour étoffer le sapin de Noël qui trône au centre de la cour de récréation...



Au grand dam de Cindy, Léo n’est pas empressé d’emménager chez sa compagne. Même si ses sentiments envers elle ne sont pas remis en cause, il redoute un peu de se voir privé d’une certaine liberté dont il a besoin pour apprécier pleinement sa relation. De son côté, Cindy, qui ne montre pas son désappointement, s’efforce de se convaincre que la décision de Léo n’a aucune importance et n’influe pas sur leur vie de couple…

C’était sans tenir compte de la présence de plus en plus assidue de Christelle…

Cette situation n’a pas échappée au frère aîné de Cindy, le meilleur pote de Léo qu’il a mis en garde contre cette intrusion dans leur union. Loin de s’en soucier, Léo semble apprécier de plus en plus Christelle dont il adore la désinvolture et la joyeuse insouciance...

696 mots

vendredi 2 janvier 2026

Texte 2

 

gris, bibelot, épisode indépendant


8 bis, rue de l’École, la cloche de l’école élémentaire et maternelle sonne l’heure de la rentrée. Pour Cindy, elle marque le début d’une nouvelle vie. Debout sur la première marche du couloir qu’elle va devoir emprunter pour rejoindre le local qui sera sa classe. La porte de celle-ci arbore déjà « Melle CINDY » sur une plaquette cuivrée.

Elle devrait être heureuse mais un curieux sentiment de tristesse la submerge alors qu’elle regarde les bambins qui vont entrer pour la première fois à ce qui sera leur quotidien durant de nombreuses années pour la plus part. L’insouciance de la petite enfance ne dure que peu de temps…

Pendant que les gosses s’installent dans un joyeux brouhaha et selon leurs affinités, Cindy plonge dans son cartable et en retire la liste de ceux qui lui sont confiés. Commence alors pour elle le fastidieux travail du relevé des présences et surtout la mémorisation des noms sur ces visages le plus souvent inconnus… Ensuite elle procède à un repositionnement de certains pour éviter que les plus turbulents ou ceux qui se connaissent déjà ne soient regroupés.

- Maintenant que vous avez chacun votre place pour l’année, je vous demande de bien regarder le petit animal qui est peint sur votre table et d’aller accrocher vos blousons au porte-manteau sous l’image du petit animal...

- Madame, j’aime pas ma bête, je veux un chat !

- J’arrangerai ça pour demain, en attendant tu gardes celui-là.

- J’aime pas cette bête !

Le pauvre gosse se met à pleurer bientôt suivi par plusieurs autres également mécontents du choix dû au hasard...

Un peu dépassée par les événements, Cindy farfouille à nouveau dans son cartable et en retire un gros coquillage qu’elle a ramené de Zanzibar. Les petiots plutôt habitués aux petits coquillages ternes de la Mer du Nord, sont médusés par la taille du cauri aux reflets chatoyants. Un certain calme revient dans la classe quand le grand cauri passe de mains en mains.

Finalement pour un premier contact avec les enfants, elle se dit qu’elle ne s’en tire pas trop mal. Deux heures à peine viennent de s’écouler que le tintement de la cloche appelle tout le monde en récréation. En ce premier jour d’école de la vie de leur progéniture, certaines mamans sont accrochées aux grilles de la cour. Émotionnées, elles communiquent leur désarroi à leurs bébés chéris qui ne les comprennent pas et, paniqués, désemparés, tentent de glisser leurs petits bras entre les barreaux pour rejoindre le giron maternel…

Le retour en classe s’effectue dans la plus grande difficulté. La directrice rassure Cindy :

- Ne vous inquiétez pas, c’est toujours ainsi que cela se passe le premier jour. Des parents sont parfois plus stressés que leurs gosses. Cela leur passera très vite quand ils se rendront compte que, le mioche à l’école, ils retrouveront une certaine liberté !

Les pioupious à leurs places, Cindy décide de juger la connaissance de l’alphabet et s’ils peuvent écrire leurs noms sans fautes. Elle se concentre sur chaque élève en particulier. Heureusement sa première classe à l’école « Les P’tits Loups » ne compte qu’une dizaine d’âmes. Le reste de la matinée se déroule sans incident notoire si ce n’est qu’un des garçons n’a pu se retenir et a mouillé son pantalon sans que ses camarades ne s’en aperçoivent…

A l’interruption de midi, la plupart des enfants ont été repris par leurs parents pour déjeuner à la maison. Cindy reste donc à l’étude avec tous les élèves de l’école qui ne rentrent pas chez eux.

- Hé bien toi, où est ta boite à tartines ? Dans ton cartable ?

- Maman est malade, elle ne l’a pas faite…

- Tiens, tu peux manger mon sandwich. J’ai encore une pomme…

- Je peux avoir la pomme ? Je préfère...


La journée s’est terminée sans rien de remarquable. Après un début un peu chaotique, Cindy a réussi à apprivoiser ses ouailles et ils se sont quittés de bonne humeur et avec force de au revoir.

Au moment de refermer son cartable, le cauri ramené de Zanzibar reste introuvable.

691 mots

Texte 3

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